Il y a deux ans jour pour jour, nous lancions la première version de Yagg.

En réalité, vous vous en doutez, le projet a démarré bien avant. La toute première réunion a eu lieu chez moi fin juin 2007. Il y avait Judith, Christophe, moi et une quatrième personne, qui a quitté le projet quelques mois plus tard. Yannick, avec son enthousiasme débordant, nous a vite rejoint, puis une autre personne, qui elle aussi est partie au bout de quelques mois.

Au cours de cette période, nous – tous journalistes de formation -, avons dû apprendre à monter une entreprise et à aller chercher des fonds. Nous sommes passés par mille étapes: les ateliers création d’entreprise à l’ANPE, la rédaction d’un business plan, les semaines entières à se prendre la tête sur des bilans qui ne tombaient pas juste pour finir par découvrir que j’avais un logiciel qui faisait les opérations toutes seules, les « elevator pitchs » devant les investisseurs, la création du logo, des dizaines et des dizaines de chouquettes, les déceptions, les moments où on a cru que Yagg ne verrait jamais le jour et au contraire les moments d’euphorie où nous nous disions que nous tenions enfin un projet génial qui allait tout péter… Jusqu’à cet ultime coup du sort en octobre 2008. Nous devions boucler notre première levée de fonds d’envergure et le krach a éclaté. La pire crise économique depuis 1929. Sympa pour se lancer! Inquiets, certains investisseurs ont alors réduit ce qui devait être leur participation dans Yagg. Ce qui a eu pour effet de décourager les autres. Et le tour de table est tombé à l’eau.

Passé un petit moment de découragement, nous avons décidé de nous lancer quand même, avec très peu de moyens. L’envie était trop forte. Nous avions trop bossé pour repousser encore. Nous devions faire designer et développer un site énorme? Qu’importe, nous avons lancé un blog Typepad qui ne ressemblait pas à grand chose (merci de ne pas m’envoyer de capture d’écran si par hasard vous en avez, ça me ferait trop mal). La suite, vous la connaissez.

Lorsque je fais de nouvelles rencontres, on me demande souvent si Yagg c’est « un vrai boulot ». Et oui, chéri, non seulement c’est un vrai boulot, mais en plus c’est une aventure professionnelle et humaine comme aucun d’entre nous ne pensait en vivre il y encore 3 ou 4 ans. Je ne peux donc qu’être profondément reconnaissant aux yaggeuses, aux yaggeurs et à tous ceux qui continuent de rendre cela possible. D’ailleurs, avec votre soutien, un peu de chance et beaucoup de boulot, il n’y a pas de raison que ça s’arrête.