La bannière doit faire 1005 x 239 pixels

MON BLOG PERSO
Et pas celui d'un autre, par Xavier Héraud
Yagg | 24.05.2016 - 12 h 31 | 11 COMMENTAIRES
Pourquoi nous faisons des livres Yagg

Étiquettes : ,

C’est la fin de Têtu qui a été pour moi le déclencheur. L’idée d’éditer le contenu de Yagg dans des livres était dans l’air depuis quelques temps. Mais en voyant disparaître le plus important média gay de ces 20 dernières années, elle est devenue plus pressante. Pour une raison simple tout d’abord. De Têtu, il reste les 200 magazines papiers. Si Yagg devait s’arrêter demain, il ne resterait rien. De ces dizaines de milliers d’articles, de ces infos, de ces interviews, de ces enquêtes, de ces billets d’humeurs: rien, zéro. Bien sûr nous pourrions toujours stocker ces infos sur un serveur. Mais qui le paiera?

L’autre raison est d’ordre mémorielle. Yagg est une mémoire vivante. Depuis Le Rose et le Noir, et son adaptation télé Bleu, Blanc, Rose, aucun livre n’a documenté l’histoire LGBT en longueur. Il existe bien sûr des livres et des documentaires sur le Pacs, le mariage de Bègles, ou le mariage pour tous. Mais il s’agit d’ouvrages ou d’oeuvres sur des événements ponctuels. Rien qui s’inscrive réellement dans une durée.  Yagg suit l’actualité LGBT depuis le 4 novembre 2008, 4 ans et demi avant le vote du mariage pour tous et, si tout va bien, va continuer à le faire pour quelque temps encore.

En me replongeant dans les archives pour préparer ces livres, j’ai souvent redécouvert des interviews ou des tribunes passionnantes. Alors que je les avais sans doute publié.e.s moi-même, je les avais déjà oublié.e.s. J’imagine ce qu’il en est pour quelqu’un qui n’a pas forcément le temps de venir sur le site tous les jours.

Le point de vue de Yagg sur l’Histoire LGBT de ces 8 dernières années n’est qu’un seul point de vue, mais c’est un point de vue précieux. Car au quotidien, nous essayons de faire en sorte que cette Histoire s’écrive en commun, avec autant de voix que possible. Et toujours d’un point de vue LGBT. Nos luttes et nos cultures sont passionnantes, vivantes, essentielles. Le but des deux tomes d’Une Histoire LGBT – L’actu vue par Yagg est de continuer à les faire vivre. Ne laissons pas nos Histoires être racontées par d’autres que nous-mêmes.

Précommandez d’ores et déjà votre ou vos exemplaires! Il vous reste peu de temps pour le faire. Vous pourrez toujours en acheter plus tard, mais nous avons besoin d’un minimum de commande pour lancer le projet. Merci!

Yagg | 12.03.2011 - 10 h 50 | 3 COMMENTAIRES
Mon Paris

Étiquettes : ,

J’adore les questionnaires. Ce serait un peu étrange si je répondais au Questionnaire Mon Paris sur Paris by Yagg (voir celui de la p’tite Blan) , alors je le fais ici.

Les établissements et les soirées où l’on peut te croiser?

Les Marronniers. Je suis fan de leurs végé-burgers. Le point FMR… Pas gay, mais au printemps et en été, je ne peux pas résister à un verre au bord de l’eau (qui plus est à côté d’une caserne de pompiers). Et c’est à trois minutes de chez moi.
Je suis beaucoup allé au Duplex, et dans une moindre mesure au Raidd et Cud, mais j’ai fini par me lasser.
Pour le reste, je fréquente plus les théâtres que les clubs. J’aimais beaucoup la BBB, mais c’est un peu toujours pareil… Et j’y vais rarement mais j’aime beaucoup les soirées des Popingays. Donc il y a plus de chance de me croiser lors d’une représentation de comédie musicale que lors d’une soirée electro.

Depuis quand vis-tu à Paris?

Une dizaine d’années. Je suis arrivé en octobre 2000 et j’y vis depuis ce moment-là à l’exception d’une petite parenthèse en 2005 et 2006, où j’ai vécu à Nice.

Tes quartiers préférés?

J’aime énormément le nord du Xè, où je vis depuis 5 ans. J’adore lire un livre au soleil le long du canal de l’Ourcq ou prendre un verre avec des amis le long du Canal Saint Martin. J’aime aussi beaucoup me balader dans le Marais avec  un ou plusieurs amis le week-end, ce que je fais trop rarement à mon grand regret.

Ce que tu aimes à Paris?

Il s’y passe toujours quelque chose. Le Vélib: j’adore en faire dès que le temps le permet. Et cette ville est juste magnifique. Je m’y sens chez moi.

Ce qui t’agace à Paris?

Comme beaucoup, les prix de l’immobilier. C’est juste insensé.
Moins grave, tout le monde a tendance à être overbooké. Il faut souvent s’y prendre une ou deux semaines à l’avance pour voir quelqu’un.
Les gens qui trouvent que c’était mieux avant/c’est mieux ailleurs, etc. Fais une soirée ou un spectacle, darling et montre nous ce que tu sais faire au lieu de te plaindre!

Les clichés sur Paris qui t’énervent?

Le cliché « Tout le monde fait la gueule dans le métro » a tendance à vraiment m’exaspérer. Je n’ai pas cru remarquer que les gens étaient tout le temps morts de rire au volant de leur voiture, dans le bus ou dans la rue. Bien au contraire. Je crois simplement que vu le temps que les franciliens passent dans les transports, ils ont juste la tête ailleurs ou sont mal réveillés.
En revanche, l’antipathie des serveurs n’est pas totalement une légende. Et je tombe toujours sur les pires quand je suis avec des amis étrangers. La honte.

au bord du canal de l'ourcq, 2008

Yagg | 04.11.2010 - 10 h 21 | 23 COMMENTAIRES
Putain, 2 ans (un peu plus, en fait)

Il y a deux ans jour pour jour, nous lancions la première version de Yagg.

En réalité, vous vous en doutez, le projet a démarré bien avant. La toute première réunion a eu lieu chez moi fin juin 2007. Il y avait Judith, Christophe, moi et une quatrième personne, qui a quitté le projet quelques mois plus tard. Yannick, avec son enthousiasme débordant, nous a vite rejoint, puis une autre personne, qui elle aussi est partie au bout de quelques mois.

Au cours de cette période, nous – tous journalistes de formation -, avons dû apprendre à monter une entreprise et à aller chercher des fonds. Nous sommes passés par mille étapes: les ateliers création d’entreprise à l’ANPE, la rédaction d’un business plan, les semaines entières à se prendre la tête sur des bilans qui ne tombaient pas juste pour finir par découvrir que j’avais un logiciel qui faisait les opérations toutes seules, les « elevator pitchs » devant les investisseurs, la création du logo, des dizaines et des dizaines de chouquettes, les déceptions, les moments où on a cru que Yagg ne verrait jamais le jour et au contraire les moments d’euphorie où nous nous disions que nous tenions enfin un projet génial qui allait tout péter… Jusqu’à cet ultime coup du sort en octobre 2008. Nous devions boucler notre première levée de fonds d’envergure et le krach a éclaté. La pire crise économique depuis 1929. Sympa pour se lancer! Inquiets, certains investisseurs ont alors réduit ce qui devait être leur participation dans Yagg. Ce qui a eu pour effet de décourager les autres. Et le tour de table est tombé à l’eau.

Passé un petit moment de découragement, nous avons décidé de nous lancer quand même, avec très peu de moyens. L’envie était trop forte. Nous avions trop bossé pour repousser encore. Nous devions faire designer et développer un site énorme? Qu’importe, nous avons lancé un blog Typepad qui ne ressemblait pas à grand chose (merci de ne pas m’envoyer de capture d’écran si par hasard vous en avez, ça me ferait trop mal). La suite, vous la connaissez.

Lorsque je fais de nouvelles rencontres, on me demande souvent si Yagg c’est « un vrai boulot ». Et oui, chéri, non seulement c’est un vrai boulot, mais en plus c’est une aventure professionnelle et humaine comme aucun d’entre nous ne pensait en vivre il y encore 3 ou 4 ans. Je ne peux donc qu’être profondément reconnaissant aux yaggeuses, aux yaggeurs et à tous ceux qui continuent de rendre cela possible. D’ailleurs, avec votre soutien, un peu de chance et beaucoup de boulot, il n’y a pas de raison que ça s’arrête.